Un mal, des maux….

Il est de ces maux dont il est difficile de se départir. L’on peut certes chercher un nouveau départ et il y a plusieurs manières d’entamer celui-ci: pour certains couper les ponts, faire table rase. Pour d’autres, faire la paix avec soi-même. Pour d’autres encore, se faire le rédempteur des autres, Dans cette optique, il est intéressant d’observer une certaine chasse aux sorcières qui semble  traverser les sociétés autour de la question des agressions sexuelles.

Il y a une certaine promptude à pointer du doigt, à dénoncer l’autre, mais cela voudrait-il dire que l’on pose les bonnes questions. Il y a tellement de secrets de polichinelles, d’histoires cachées par la force des intérêts communs. Peut-on vraiment jouer à la surprise, à l’indignation, aux âmes vertueuses ou au bras vengeur de la justice? C’est peut-être vrai pour certains, pour d’autres, c’est le dévoilement d’une vérité qu’ils savaient exister mais dont ils ne connaissaient pas tous les details ou qu’ils ont préféré ignorer, pour ne pas réveiller les squelettes oubliés de leurs propres placards ou revivre certains cauchemars enfouis.

De fait, il y a les hauts cris hypocrites qui réclament la honte et la destitution sociale pour les coupables, mais ira-t-on vraiment au fond du problème? Est-ce qu’il y a une vraie volonté d’adresser la cause profonde de ce mal? Sans vouloir être défaitiste, à force de se baigner dans la boue, on finit par transpirer la puanteur. Celle-ci se cultive et s’immisce partout, ce qui la rend difficile à éliminer. Elle devient pratiquement le parfum naturel qui suinte de nos pores.

Force est de reconnaître que ce mal est admis officieusement dans nos sociétés sous couvert de machisme, des attributs de pouvoir et de l’esprit de domination qui l’accompagne. Ironiquement, l’excuse utilisée pour la justifier, celle de la provocation et de la luxure, ne fait qu’admettre involontairement une faiblesse que l’on refuse d’avouer.

L’homme prétend avoir évolué et se distinguer de l’animal par la force de sa volonté, mais cette pratique est plutôt synonyme d’une régression vers le stade de la bête, celle qui couve en lui et qui semble diriger ses trajectoires, ses décisions. De manière involontaire, le penchant du coupable à cacher ses agissements démontre une rupture avec la théorie de société.

L’évolution du modèle occidental en théorie, reconnait la parité, la complémentarité, et la liberté des sexes et des rôles. Elle se veut le champion d’une nouvelle vision du genre humain qui reconnait les droits de chacun. Ce que le viol expose dans la vérité de son accomplissement, c’est que la réalité est bien loin de la théorie et qu’il y aurait encore beaucoup à faire.

Celui ou celle qui commet ces actes, n’admet pas que ce comportement n’est pas de mise et que sa volonté et son pouvoir, aussi étendus qu’ils puissent être,  ne peuvent être imposés à un autre être. C’est un refus d’accepter que cet autre puisse avoir ses propres envies, puisse refuser de se soumettre au sien, ou que son pouvoir ne puisse s’étendre à modifier les désirs de l’autre, que celui-ci n’est pas forcément un reflet ou une extension de soi-même. C’est tout simplement un déni de l’autre.

A la mesure des découvertes ou des dénonciations autour du sujet, l’on ne fait qu’exposer l’étendue de ce mal qui fait office de parasite chez les anciens, d’un mal qui ronge la génération présente, d’une ombre qui pèse sur le devenir des générations futures si l’on ne s’attaque pas aux racines du mal sous toutes ses facettes.

 

 

 

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