Vivre pour soi

On ne peut se cacher longtemps de la vie.

Derrière les turpitudes et les urgences du quotidien,

La réalité du moi nous rattrape,

Et nous force à voir nos peurs en face.

 

On ne peut faire taire les cris de son âme.

Derrière les bruits courants et les couleurs du monde,

Le silence de l’être devient tonnerre étourdissant,

Telle une voix qui ne peut être assourdie.

 

On ne peut étouffer  les rêves du coeur.

Derrière la marche inexorable du temps,

Les véritables couleurs de l’être se révèlent,

Avec l’expérience, l’acceptation, l’apaisement, bref, la maturité.

 

On ne peut oublier sa vérité.

Derrière les errements, les faux départs et les erreurs de jugement,

La flamme du moi inconscient toujours nous parle,

Tel un diamant que l’on ne peut cacher.

 

On naît, on chemine, on apprend.

Peu importe les choix, peu importe l’entourage,

On évolue, pour le mieux, pour le pire,

Mais avant tout on vit pour soi.

Le choix

Dans l’invariable mouvance de l’existence humaine, il demeure une constance.

Certains peuvent parler de libre arbitre, d’autres de choix.

J’ai fait des choix, j’ai fait le choix:

Celui de vivre.

 

La vie n’est pas une photographie en noir et blanc.

Elle n’est pas statique mais plutôt mouvement.

Elle est un kaléidoscope de sons et de couleurs.

Elle se décompose en d’innombrables saveurs.

Certaines émotions semblent trop intenses,

Mais elles sont facteur de ce qui donne un sens à l’existence.

 

J’ai fait le choix de poursuivre mon chemin

Celui de m’arrêter ou non à chaque sentier ou à chaque rencontre

De me laisser imprégner par la clarté d’un regard, le charme d’un sourire,

De jouir de la chaleur d’une main, de la présence d’un autre corps.

J’ai fait le choix d’apprendre de mes erreurs,

Ou de les répéter à l’infini.

 

J’ai fait le choix d’assumer mes désirs,

Ou d’en rejeter les causes sur les autres.

Quelle que soit l’option à saisir ou l’instant  à vivre,

Il y a toujours un choix conscient ou non,

C’est là que tout commence.

 

J’ai fait le choix de vivre plutôt que de me laisser vivre.

J’ai fait le choix de penser plutôt que de suivre.

J’ai fait le choix de me relever plutôt que de me laisser abattre.

J’ai fait le choix du silence plutôt que celui du bruit.

J’ai fait le choix de m’aimer plutôt que de haïr.

J’ai fait le choix, j’ai fait un choix, j’ai fait des choix.

Je ne peux le faire pour toi…

Silence, vide, néant…

Il y a longtemps que le silence s’est établi en moi, autour de moi, engouffrant mes mots, un vide que rien ne semble vouloir combler, un néant qu’aucun rayon de conscience ne semble pouvoir limiter, un inconnu, un infini.

Me serais-je laisser happer par cette chute vertigineuse où les mots, les émotions, les rêves, tour à tour se reconnaissent et se fuient de manière systématique, comme d’anciens larrons complices ayant pris des chemins contraires et se retrouvant face à face, s’évitent à tout prix par honte de faire ressurgir leur ancienne amitié dont il ne reste plus que les cendres?

Depuis un certain temps, je me laisse porter par les mots des autres, accueillant la résonance de leurs cris, de leurs angoisses, mais aussi de leurs plaintes muettes. Plutôt que de chercher mes propres mots, je laisse rebondir mes émotions sur celles des autres.

Serait-ce un exercice de reconnaissance, une recherche d’apartenance dans le lot des revendications des autres, pour me permettre de me retrouver dans leurs misères, leurs souffrances qui sont aussi les miennes ou  qui leur font écho?

Une tentative d’effacer mon individualité pour retrouver un ancrage dans le collectif? Ou celle de la retrouver dans le silence de mon âme afin de mieux laisser jaillir mes mots, telle une source, dont les origines remontent aux premiers frétillements de la vie,  qui ne s’embarasse pas de faux semblants, mais se livre crue, sans fausse modestie ou hypocrisie, dans une vérité qui si elle blesse n’en est pas moins majestueuse car universelle.

Le silence fait résonner les non-dits, les cris sourds, il porte les regards désenchantés et meurtris, la souffrance. Mon silence se veut-il complice ou accusateur? Puis-je prendre position ou tenter encore la neutralité?

Comment rester dans le gris sous le regard d’une mère mourante faute de soins, ou en fixant l’oeil haggard d’un jeune enfant affamé? Comment rester à l’écart lorsque des années de dures labeurs sont réduites en cendres pour satisfaire la cupidité des nantis mécontents?

Comment, pourquoi, qui, à quelles fins? Autant d’interrogations que le silence porte avec fracas et auxquelles je n’ai  aucune réponse. Silence, vide, néant… passer par l’absence pour retrouver le trop plein.  Me laisser porter par les mots, leur donner la liberté de se former et de se faire connaitre.

On ne peut endiguer la rivière lorsqu’elle est en crue. Ils finiront bien par faire irruption pour tout ravager sur leur passage. Silence, destructeur… le calme avant la tempête. Celle de mon âme.

 

Wake up call

J’ai arrêté de t’en vouloir et de dire que c’est ta faute.

J’ai arrêté de tout voir en noir

De passer d’une humeur rose à une humeur noire.

J’ai arrêté d’essayer de me griser de bruits et de couleurs pour oublier.
Je me suis réveillée un matin

Je me suis dit qu’il fallait occuper mon temps à quelque chose de constructif

J’ai cherché de quoi meubler mon cerveau.

Je poursuis ma route et maintenant tu veux revenir dans ma vie.

J’ai pris le recul nécessaire qu’il fallait

Pour mieux me comprendre et te comprendre,

Essayer de nous voir avec des yeux lucides

Ne pas être dominée par la passion avec un bandeau rose sur les yeux.

Et ca marche.

Je pense que nous avons tous les deux grandi.

Il faut juste que savoir si nos chemins

Doivent être parallèles, confondus ou diamétralement opposés.

A nous de voir…..

Tourner la page

Mes veines sont emplies du feu de cette rage qui m’envahit

C’est la conquête de mon moi par la colère.

Une colère sourde qui peu à peu grandit.

C’est comme une rumeur qui monte,

Mon subconscient l’a enregistré,

Mais mon conscient a sciemment choisi de l’ignorer.

Pourtant les signes sont là et ne trompent pas.

Mon courroux ne fait qu’augmenter au fil des jours,

Et mon exaspération va croissante.

Cela a commencé avec ton indifférence pour mes silences,

Puis ton silence pour mes interrogations,

Ta distance lorsque je tends la main vers ton corps,

Ou ton dédain si je tente une approche câline.

Tu t’échappes dès le lever du jour

Et la nuit est parfois très avancée lorsque tu daignes enfin te montrer.

Je sens le feu de la colère envahir mon âme à petit feu,

Les soupçons, tel un lent poison, ont fini par ronger ma paix d’esprit.

Et l’évidence devient vérité accablante que nous ne pouvons plus nier.

Nous ne sommes plus car une autre a remplacé mon image dans tes désirs.

La chaleur de nos étreintes s’est dissoute dans ton oubli de mes bras,

La passion de notre histoire s’est éteinte sous le vent de la nouveauté,

Et mon regard triste ne peut que croiser le tien fuyant et froid,

Qui me hâte de tout casser et de te laisser ta liberté ,

Pour accourir vers ton nouvel amour et rire de votre bel avenir.

Mon irritation se lève d’un coup et je ferme la porte sur notre passé

Je mets au loin tout ce que nous avons amassé et construit

Et à petit pas, en évitant de m’attarder dans les souvenirs

J’avance vers un autre chemin en prenant le temps de guérir de ta blessure

Et en gardant l’espoir qu’un jour l’amour emplira à nouveau mon cœur.

Le chemin de l’amour

Patience, vas-y doucement

S’il le faut, prends une pause et respire

Sans te presser, d’ailleurs il ne le faut pas

Agenouilles-toi et implore Sa Direction

Ne te laisses pas submerger par tes émotions ou tes sens

Tu as des besoins mais tu connais également tes limites

Reprends ton souffle et quand ce sera le bon moment

Lorsque tu seras sûr que cela vaut le coup, suis le chemin, un pas à la fois

En tenant deux mains, La Sienne et la sienne.

 

Dépendante mais gardant la distance.

Frustration et confusion

Suivant le rythme, anticipant

Creuse pour trouver la vérité derrière les mots

Saisissant le non-dit, lisant entre les lignes

Prête pour l’étape suivante

Laissant le passé à sa place et tournée vers le futur.

Marchant cote à cote, dans la même direction.

Profitant du voyage.

 

Enlacés et reposant l’un à cote de l’autre

Nous respirant et découvrant nos vies intimes

Explorant nos formes, appréciant nos saveurs

Entremêlant nos essences en se gardant tout proches

S’apprenant en profondeur

De l’aube au crépuscule

Partageant nos pensées, nos corps et nos expériences

Nos pertes et nos peurs, nos joies et nos projets

Partageant notre vie en partageant l’amour.

Jadis…

Où a fui le temps de nos amours ?

Où s’est tarie la source de nos sentiments ?

Où a vécu le foyer de notre passion ?

Le temps s’est arrêté pour nos « je t’aime ».

La source ne coule plus pour nos baisers.

Le feu ne brûle plus pour nos caresses.

 

Où sont passés nos serments ?

Où ont fini nos doux murmures ?

Où gît la tendresse de nos regards ?

Le quotidien a eu raison de nos promesses.

Le vent a emporté nos mots doux.

La haine a changé nos yeux en éclairs de feu.

 

Où retrouver notre accord ?

Lorsque nos corps s’entendaient sans effort

Et la musique des sens sans peine nous enchantait.

 

Où rattraper les mots qui ont fui ?

Où même encore effacer ceux qui ont percé l’âme

Afin de retrouver l’harmonie des nos cœurs.

 

Où a fui nos amours ?

Où sont passés nos serments ?

Où retrouver notre accord ?

Où rattraper les mots qui ont fui ?

Chacun d’un côté du pont

Nous nous sommes laissés entraîner par des vents contraires

Et aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’à dire « Ce fut tout ».