La divorcee (part 3)

« Encore un autre imbécile, un infidèle parmi tant d’autres! Tous pareils, à se laisser mener par autre chose que par leurs cervelles! » Cela m’apprendra à leur faire confiance. Comme si les autres fois ne m’avaient pas suffi. Ils n’étaient pas mon mari mais le résultat est toujours le même, la séparation.

Pourtant cette fois, je dois reconnaître une différence majeure, je suis maintenant une dame mariée… Je ne pourrai pas avoir le luxe de le rayer de ma vie car je porte son nom et j’ai partagé sa vie aux yeux de « Dieu et des hommes ». Qu’est-ce qui m’a donc pris de croire en ce menteur? J’avais donc tellement envie de vivre le conte de fées ou je craignais mon horloge biologique et les yeux accusateurs de ma famille mortifiée de leur vieille fille de plus de 35 ans?

Ce mariage soudain et ce divorce encore plus rapide ne va certainement rien changer à mon opinion sur la gent masculine, pas plus qu’il ne m’a apporté ce que ma mère espérait tant, un enfant, signe de ma féminité consacrée. C’est plutôt la nouvelle copine de Monsieur qui a tiré le gros lot et je sens la pitié dans les regards autour de moi après la curiosité et les interrogations sur ce qui s’est réellement passé.

J’en ai plutôt marre du jugement des autres sur ma vie. C’est moi qui ai vécu les moments difficiles de ce mariage. Je me croyais épaulée par ma moitié alors que celui-ci se faisait consoler par une jeune donzelle intéressée et calculatrice. Pourtant, du statut de victime, je suis passé au rang de coupable. Celle qui n’a pas su quoi faire pour tenir son foyer mais qui doit garder la tête haute.

Au diable le rôle de la martyre. Plutôt que me morfondre je préfère tourner la page. Je ne suis pas comme mes cousines qui ont chacune rebondi après leurs déboires conjugaux: l’une avec une nouvelle alliance et l’autre en jetant son bonnet par dessus les moulins pour savourer sa liberté avec les amants de son choix sans attache aucune. Je veux plutôt la paix pour préparer en toute quiétude un avenir que je sais solitaire.

Les hommes, j’en ai eu ma claque, je tire un trait dessus….

La divorcee (part 2)

C’est dommage que cela n’ait pas collé nous deux. Certains différends que nous n’avons pas pris le temps d’explorer, ont eu gain de cause de nos journées de félicité. Nous étions heureux pourtant, mais petit à petit, tu as commencé à te lasser de mes petits plats, de mes moues boudeuses, de ma garde robe, de mes dépenses folles et même de mes manies.

Un coût trop lourd pour ton portefeuille? Avec tes affaires diminuant, les soucis ont eu la part belle et bonjour les disputes. Je ne veux pas être contrariée. Mais plutôt cajolée, choyée, comme je l’ai toujours été. Je ne veux pas avoir à me casser la tête pour les tracas du quotidien. Mais je ne veux surtout pas me retrouver en tête à tête avec mon moi.

Toi parti, un regret, une pensée chagrine, et hop, me revoilà dans le jeu. Beaucoup de prétendants sur les rangs, ma popularité n’a pas diminuée, et je tire encore vanité de mes charmes et de mon allant.

Les leçons de mes aînées ont bien porté leurs fruits. Et même si je ne le voudrais pas, il a bien fallu que je me rende à l’évidence: je me dois de garder un rang, de sauvegarder les apparences, de faire taire les mauvaises langues et rabattre le caquet des rivales effrontées, ces fausses bonnes amies qui pensent me trouver abattues et font sembler de m’offrir une oreille compatissante.

Chez nous, on compare la femme au « cajou ». Je penche plutôt pour les matous. Il faut la souplesse, la patience, la douceur et la ruse de ces délicats minous, les minauderies et les oeillades dignes de nos ancêtres courtisanes, pour garder vivaces les élans de fièvres de nos galants.

Je ne suis pas femme qui se refuse un tel défi. Je suis pragmatique et ne prétend pas refaire le monde. Vingt fois sur le métier, je remettrai mon ouvrage. Au revoir mon cher amour, au suivant…

La divorcee (part 1)

« Enfin libre!! Il était temps! »

Pendant un moment, j’ai cru que je ne sortirais pas de cette prison. A écouter mes parents, les vertus du mariage sont si grandes qu’une femme ne saurait lui préférer le célibat. Selon moi, il faut être soit maso, désespérée ou aspirer à la sainteté pour vouloir rester dans cette prison pour préserver les apparences aux yeux de la « société ».

C’était plutôt horrible comme expérience. A peine un roman d’amour à 16 ans, quelques baisers volés pendant les étés trop courts, je me retrouve castrée avec cet idiot qui plutôt de profiter de l’exclusivité que confère le mariage ou de prendre la peine de garder un certain protocole, sitôt marié, retourne céans dans les bras de sa maîtresse.

Ne suis-je donc pas jeune et jolie? Non content de ce cadeau du ciel, il a le toupet de vouloir que je l’accepte dans mon lit tout en sachant avec qui il passe ses après-midis. Que je joue les épouses soumises? J’en ai bavé. Si au début, j’étais plutôt idiote et faible, aujourd’hui je ne le peux plus, la roue a tourné.

Je ne pourrai plus pour faire plaisir au « grand monde », vivre une vie de pécheresse dans ma propre maison et me sentir coupable alors que dans tout ceci, je suis la victime. Je préfère encore être une paria parmi les miens mais être en paix avec ma conscience. Je suis encore belle et je sais que je ne manquerai pas de galants. Mes nuits ne seront pas esseulées et je pourrai enfin jouir, jouir, jouir de la vie, sans arrière-pensées.

Mes enfants seront bien élevés et leur père sera dans leur vie s’il le souhaite. Je préfère leur dire la vérité et qu’ils abordent la vie avec leurs yeux ouverts plutôt qu’un mensonge. Je ne veux pas de leur pitié, je veux surtout qu’ils apprennent à respecter mes choix qui ne m’empêcheront pas de les aimer.

Ils sont ma priorité mais je ne vais certes pas oublier que moi aussi j’existe. La vie est tellement belle et vaut la peine d’être vécue intensément, peu importe la situation. Bon vent aux mensonges et faux semblants. Vive la liberté, c’est l’heure de ma vérité…

La rêveuse

L’amour, je l’ai découvert dans les livres.

Sous les traits de ces héroïnes des harlequins,

Ces passions intenses sous-entendues dans les romans-photos,

Qu’avec mes copines de classe, nous dévorions pendant les récrés,

Ou entre deux cours aux heures creuses.

 

L’amour, je l’ai rêvé dans mon adolescence.

Imaginant un beau jeune homme,

Qui me ferait tomber en pâmoison sous mon premier baiser.

Tandis que j’étais sous le coup des interdits de la stricte surveillance parentale,

Et laissait couler le fil de mon imagination.

 

L’amour, j’ai cru le trouver tant de fois.

A chaque nouvel amant, chaque premier baiser qui me faisait chavirer.

J’ai du me rendre compte bien vite,

Qu’au-delà de la réalité parfois décevante,

Mes émotions parfois manipulaient mon bon sens.

 

L’amour, je continue à le chercher.

De rencontres en regards, de sourires en présences.

Il continue à être l’objet de mes attentions et de ma quête.

Je lui garde encore une fidélité pleine d’illusions

Et lui prête encore tous les traits du prince charmant.

 

Coup de foudre immortel où deux âmes prédestinées,

se reconnaissent pour s’aimer.

J’en ai rêvé avant et j’en rêve toujours,

De cet amour qui me donnera des ailes et qui balayera tout.

L’amour, mon rêve, j’y crois encore…

 

 

Le rendez-vous manqué

Nous avons toujours un sixième sens pour déceler les mensonges, les hésitations, les changements chez nos amants. La malédiction du coeur amoureux c’est qu’en plein nuage de bonheur, il ne croit pas totalement à sa chance, à ce miracle de bonheur et qu’il y a toujours une petite partie de lui, une petite voix insidieuse qui lui souffle que c’est bien trop beau pour être vrai.

Après les heures intenses où les sourires de tes yeux, la chaleur de tes bras, la profondeur de ta voix et les fous rires partagés m’ont révélés une femme dont je soupçonnais l’existence en moi sans jamais pouvoir lui lâcher la bride, je connais aujourd’hui l’instant inéluctable du désenchantement, de la nostalgie empreinte d’un soupçon d’amertume mais pas de regrets.

Il faut toujours se fier à son instinct, et le mien m’a permis de voir des vérités que je ne cherchais pas mais dont la connaissance m’a permis d’orienter mes choix. Cela m’a pris du temps pour te faire confiance et t’accueillir dans ma vie. Je voulais te croire plutôt que mes préjugés, je voulais voir au-delà de l’apparence, s’il y avait de la conviction, de la volonté et le désir de tenir la distance.

Je me disais que c’était différent puisque l’on semblait partager les mêmes aspirations. Mais ma petite voix ne s’est jamais tue. Et il m’a bien fallu l’écouter et me rendre à l’évidence. Il faut savoir aller au-delà des apparences. Au-delà des mots, il faut voir si ceux-ci sont appuyés par des actes. Il faut savoir distinguer les priorités et comprendre lorsque le momentum n’est plus.

Nos vies suivent chacune une voie. On peut vouloir les mêler mais la vie m’a appris que l’on ne peut transformer des lignes perpendiculaires en parallèles. C’est un fait, notre rendez-vous avec le destin est manqué. Toutefois, je garde les leçons apprises sur moi-même, mes limites, mais surtout mes désirs et surtout ce qui en moi doit mûrir.

La maitresse-femme

Peu importe le temps que cela prendra, je sais que tu me reviendras. Après ta folie d’un soir ou d’un mois, je sais que l’eau retournera à sa source. Tu ne pourras pas m’oublier, ni oublier ces moments précieux passés ensemble. Tu auras beau dire, je sais que je t’ai marqué. Je t’ai marqué de mon sceau, j’ai laissé mon empreinte partout sur toi et tu m’appartiens tout comme moi je t’appartiens. Aucune femme ne peut me surpasser lorsqu’il s’agit de toi. Bientôt, tout redeviendra comme avant.

Ces épisodes de crises, je les ai laissés derrière. Je ne suis plus celle que j’étais, je suis encore plus forte qu’avant. Nous avons toujours pu nous retrouver, je ne vois pas de rivale de taille capable de nous faire obstacle. Tu représentes tellement pour moi mon chéri. Que tu le veuilles ou non, je suis ta moitié, celle qui te comprend, qui t’accepte, qui est reconnue de tes amis, de ta famille. J’ai fait tellement de projets nous concernant. Tu seras mon époux, l’homme avec lequel je passerai le reste de mon existence.

Après tout ce que nous avons vécu toi et moi, nos promesses et nos échanges, nous ne pouvons laisser tomber. Et puis il y a mes enfants. Malgré l’absence des liens du sang, ils te sont terriblement attachés et te considèrent comme leur père. Je ne peux ignorer ces liens et la  peine qui sera la leur s’ils apprennent que c’est terminé entre nous et qu’ils ne te reverront plus dans leur horizon. Je m’étais jurée de leur offrir une famille, celle a laquelle ils ont droit, un environnement stable, accueillant et aimant ou ils pourraient s’épanouir avec l’amour d’un père et d’une mère. Je ne vais donc pas baisser les bras. Tu reviendras et nous recommencerons. Je ferai tout ce qu’il faut pour cela, tout ce que tu voudras, tout ce qui pourras te ramener dans mes bras.

Qu’est ce qu’une dispute de plus dans notre quotidien. Nous en avons l’habitude. Celle-ci a beau avoir été terrible, j’estime qu’elle ne peut briser ce lien qui nous unit et qui malgré la distance nous maintient toujours ensemble. Je pense à toi sans cesse tout comme je sais que toi tu penses à moi. Je mettrai tout le monde de mon coté. Mais plus encore, je te ramènerai à moi et nous serons de nouveau un couple uni.

La feu follet

Je ne sais pas quoi faire de mes sentiments pour toi. Je les croyais oubliés dans cette ronde de plaisir sans fin qu’est devenue ma vie après toi. Nous ne pouvions continuer car je me sentais prisonnière, tu sais que j’accorde beaucoup d’importance à mes  plaisirs personnels.

J’ai du prendre un bol d’air dans les bras d’un autre un peu plus enclin a suivre ma course au plaisir plutôt que de rassir dans une relation. Mais là je me retrouve à regretter ce qui aurait pu être. Je me pose donc des questions. A mon âge, je ne  pense pas qu’il s’agisse de mon horloge biologique. J’ai encore quelques années devant moi avant de penser au mariage.

Est-ce que je serais fatiguée de ces hommes qui m’environnent et qui comme moi ne voit pas plus loin que la nuit pour savourer certains délices. Je sais que je t’ai blessé par mon comportement  mais que veux tu je suis ainsi faite. Mais j’ai envie de changer. A chaque fois que nous nous croisons, je sens ce feu qui m’habitait quand nous étions ensemble. Et je sens monter le désir de sentir la chaleur de tes baisers et de ta passion comme avant.

Sentir que je peux encore t’émouvoir. Le fait de te sentir lointain et inaccessible me fait enrager et attise encore plus mon désir de toi. Lorsque pour une raison ou pour une autre, je fais appel à toi, tu es toujours là pour moi mais tu ignores mes invites et cela me dépite.

Je voudrais faire craquer cette carapace derrière laquelle tu te caches. Tu ne peux avoir oublié ce que nous avons vécu. Je vais faire mon possible pour te le faire revivre et te récupérer. J’aspire maintenant au genre de vie que tu m’offrais. Je me sens prête pour la vivre à tes cotés. Est-ce qu’il est déjà trop tard ? Non je ne veux pas le croire.